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6 La suite et l'évolution du cheminement 1985 - Mathieu 28, 20 - Je suis avec vous, tous les jours

Matthieu 28, 20 - Je suis avec vous, tous les jours.
La suite et l'évolution du cheminement

Cette partie du texte se compose d’une série d’anecdotes, et de quelques réflexions. Je reviens avec mes deux questions pour guider votre lecture : y-a-t-il un lien entre les événements de ce récit, et, si oui, d’où vient l’initiative?
 
La vie au Collège
 
En 1984, le monastère du Collège des Dominicains hébergeait des personnes provenant d’un peu partout à travers le monde, de pas moins de cinq continents. Plusieurs des étudiants avaient déjà complété des premiers et deuxièmes cycles universitaires dans d'autres disciplines avant d'étudier en Théologie. J'y ai connu deux médecins, une anthropologue, une infirmière, un philosophe, trois ou quatre psychologues, un musicien, un enseignant devenu homme d'affaires (devenu prêtre depuis), un biochimiste et quelques sociologues. La plupart des professeurs détenaient un doctorat dans leur matière d’enseignement. Le Collège revêtait donc une allure cosmopolite, et cela rendait les repas très intéressants de par les conversations qui s'en dégageaient. On y découvrait aussi ce qui se passait en coulisse dans la vie de l'Église, et ce qui se vivait dans la vie de tous les jours un peu partout dans le monde. Je trouvais remarquable qu'il n'y ait presque jamais de mention de ce qui se passait dans le monde du sport, des automobiles et de la finance.
 
Le désir de devenir un moine ermite
 
J'étudiais en philosophie. J'aspirais à une vocation féconde, où je poursuivrais l'idéal de la perfection (Matthieu 5,48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.). Je priais beaucoup, et je rêvais beaucoup aussi. Un minimum de quatre années d'études seraient requis avant l’ordination à la prêtrise, ce qui me paraissait alors très long. Je lisais, et il m’est venu à l’esprit la possibilité de devenir un ermite, c'est-à-dire un moine qui vit isolé du monde, en solitaire, pour vivre une vocation de prière et de contemplation.
 
Il m'avait été recommandé de passer du temps en présence du Saint Sacrement. En tant qu'ermite, je pourrais passer plusieurs heures par jour dans la Sainte Présence. Je ne sentais pas que j'avais un talent spécial pour rejoindre les gens dans leur vie de tous les jours, par un contact direct avec eux. Je m'exprimais peu en groupe, et je ne sentais pas que j'avais un talent quelconque d'animateur. Je n'avais pas de charisme évident, mais j'aimais lire et prier. Une journée dans la vie d'un ermite se divise habituellement en trois parties : 8 heures de prière et de contemplation, 8 heures de travail manuel et d'étude, et 8 heures de sommeil. Ce genre de vie m'attirait. Je n'aurais pas à pousser davantage mes études, et je n'aurais pas le défi de vivre au milieu du monde.
 
La pensée de devenir ermite m'enthousiasmait. J'en ai parlé à mon directeur spirituel, qui m'a conseillé de continuer à prier là-dessus. Il m'a offert aussi de me servir pour quelques jours d'un petit appartement situé dans le clocher de l'église. Le petit appartement était appelé ‘La chambre haute’, conçu pour des retraites personnelles. Il s'y trouvait un petit salon où prier, lire et méditer.
 
J'ai prié cela, ce désir de devenir ermite. Était-ce un appel, ou un simple désir d'évasion? J’ai le souvenir d’avoir marché dans la bibliothèque, un début d'après-midi, tout en méditant. Je priais intérieurement aussi, demandant à l’Esprit de me guider. Je me suis retrouvé dans une section de la bibliothèque, au sous-sol, où se trouvait une réserve de livres non classées. J'ai pris un petit livre écrit dans une langue étrangère, peut-être de l'espagnol ou du portuguais, mais j'ai deviné correctement qu'il s'agissait de L'Imitation de Jésus-Christ’. Je l'ai ouvert au hasard et, ne pouvant lire ce qui s'y trouvait, j'ai pris en note la référence. J'avais une copie de ‘L'Imitation de Jésus-Christ’ dans ma chambre. J'ai retrouvé la référence, et voici ce qui était écrit, en français :
 
Imitation de Jésus-Christ (Livre 3, chapitre 11)
 
Qu'il faut examiner et modérer les désirs de son cœur’.

‘Jésus-Christ : Mon fils, il faut que vous appreniez beaucoup de choses que vous ne savez pas encore assez.
 
2. Le fils : Et quoi, Seigneur?
 
3. Jésus-Christ : Vous devez soumettre entièrement vos désirs à ma volonté, ne point vous aimer vous-même, et ne rechercher en tout que ce qui me plaît.
 
Souvent, vos désirs s'enflamment et vous emportent impétueusement, mais considérez si cette ardeur a ma gloire pour motif, ou votre intérêt propre.
 
Si c'est moi que vous avez en vue, vous serez content, quoi que j'ordonne; mais si quelque secrète recherche de vous-même se cache au fond de votre cœur, voilà ce qui vous abat et vous trouble.
 
4. Prenez donc garde à ne vous pas trop attacher à ces désirs sur lesquels vous ne m'avez point consulté de peur qu'ensuite vous ne veniez à vous repentir, ou que vous éprouviez du dégoût pour ce qui vous avait plu d'abord et que vous aviez cru le meilleur.
 
Car tout mouvement qui paraît bon ne doit pas être aussitôt suivi; de même qu'on ne doit pas céder sur-le-champ à ses répugnances.
 
Quelquefois, il est à propos de modérer le zèle le plus saint et les meilleurs désirs, de peur qu'ils ne préoccupent et ne distraient votre esprit; ou qu'enfin l'opposition que vous y trouverez ne vous jette vous-même dans le trouble et dans l'abattement.
 
Il faut aussi quelquefois user de violence, de résister aux convoitises des sens, avec une grande force, sans prendre garde à ce que veut la chair et à ce qu'elle ne veut pas, et travailler surtout à la soumettre à l'esprit malgré elle.
 
Il faut la châtier et l'asservir, jusqu'à ce que, prête à tout, elle ait appris à se contenter de peu, à aimer les choses les plus simples, et à ne jamais se plaindre de rien.
 
Ce texte était arrivé au hasard, dans un esprit de prière et de recherche. Je l'ai relu quelques fois. Il contenait une leçon. La phrase ‘de peur que vous éprouviez du dégoût pour ce qui vous avait plu d'abord et que vous aviez cru le meilleur’ était une mise en garde; devenir ermite pour quelques heures ou quelques jours, c'est une chose; en avoir une vocation véritable, c'est autre chose. Il faudra être patient et prudent. Le texte contenait aussi la leçon qu'il ne faut pas chercher à se servir en prétendant servir Dieu. Il faut se réexaminer continuellement, se remettre en question, prier pour être bien certain qu'on cherche à servir Dieu et non l'inverse, c'est-à-dire se servir de Dieu.
 
Donc, j'avais résolu de continuer à prier sur ma vocation et de procéder à un discernement dans le temps.
 
Deux ou trois jours plus tard, je méditais encore ce désir de devenir ermite. Je me souviens très distinctement d'avoir prié pendant quelques minutes Marie, la mère de Jésus, pour m'aider à m’orienter dans cette démarche. J'avais prié aussi sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, en lui demandant son intercession, car elle-même avait été une sœur cloîtrée, dans une vocation de prière et de contemplation, qui avait vécu à fond sa vocation et, par la grâce de Dieu, ce fut une très heureuse réussite. Après ces instants de prière, j'ai pris le livre Appel au monde et je l'ai ouvert, au hasard. Je suis arrivé sur les lignes suivantes : (page 129 d'Appel au monde)
 
           ‘Je te réserve pourtant des surprises encore. Je ne suis pas au bout de mes dons. Petit à petit tu seras tellement passée toute en moi, qu'il te sera facile de travailler selon les talents que je t'ai donnés. Oui, je veux que tu fasses fructifier tout cela pour le bien de mon Peuple. Je ne veux pas que tu te renfermes sous prétexte que tu viens à Moi. Mon commandement demeure : aime-Moi et aime les autres comme Moi. Tu comprends pourquoi je ne veux pas que tu te serves de Moi pour te refuser à tes frères.
 
J'ai refermé le livre. Connaissant les antécédents, le contexte, est qu’il se fait plus clair, comme réponse, à une prière sincère? Je connais au plus profond de moi l’honnêteté qui m’habite, et la sincérité de ma prière. Il n’en demeure pas moins que je suis émerveillé à chaque fois que je constate, seul dans ma chambre, que je ne prie pas seul, que mes prières sont entendues.
 
Au fait, c'est le but de ce livre : de vous dire que Dieu existe, qu'il entend nos prières et qu'il s'occupe de nous, et surtout que Dieu est Amour.
 
J'ai donc abandonné l'idée de devenir ermite. Je sais lire.

Une anecdote sur la Providence
 
En décembre 1984, j'avais décidé d'interrompre temporairement mes études pour des raisons financières. Je reprendrai mes études, en Théologie, à partir de l'automne 1985. Par contre, j'avais une réalité financière à considérer, c'est à dire que j'avais une dette de $4200 à régler et qu'ensuite je devais mettre de côté environ $5000 pour les frais de mon année scolaire 1985-86.
 
Je jonglais avec ces chiffres, tout en sachant que je n'avais aucune garantie de pouvoir me trouver de l'emploi dans une mine (ma formation initiale, en arpentage minier) surtout que le prix de l'or était alors très bas et que l'industrie minière fonctionnait au ralenti. Je songeais à tout cela, en marchant dans la bibliothèque du Collège des Dominicains. J'ai prié intérieurement : ‘Mon Dieu, comment vais-je réussir? Comment vais-je payer mes études?’ Avec cette prière intérieure, je me suis approché d'un rayon de livres de références. J'ai vu un titre, un dictionnaire, et j'ai pris le volume. Je l'ai ouvert au hasard et je suis arrivé sur un mot, suivi de sa définition. Mes yeux ont lu le mot était :
 
‘Providence’

Au tout début de décembre 1984, j'avais écrit à mon ancien employeur pour lui dire que j’étais en disponibilité pour le travail. Je ne recevais pas de réponse. J'ai dit une neuvaine pour demander de l'aide à trouver du travail. Je l'ai adressée à Marie. La fête de l'Immaculée Conception (8 décembre) était un samedi en 1984. Le vendredi 7 décembre 1984, soit l'avant-dernière journée de la neuvaine, j'ai finalement reçu un appel téléphonique du surintendant de la mine, me disant que je serais embauché au printemps mais de venir voir en janvier tout de même.
 
Je fais un saut dans le temps pour raconter comment les finances se sont réglées, au cours de l'été de 1985. J'avais commencé à travailler le 11 mars 1985 (plus de 400 hommes avaient été mis à pied le mois précédent à la mine voisine de celle où je travaillais). J'ai réglé ma dette bancaire en mai 1985. Au début de juin 1985 j'avais $150 à mon nom. Au 31 août 1985, mon compte en banque se chiffrait à $4950 et mon portefeuille contenait $70. J'avais travaillé pendant les congés fériés, quelquefois le samedi, et j'ai travaillé des journées de 12 et 13 heures régulièrement. Mon poids est passé de 215 livres en mai jusqu'à 185 livres en août. J'avais travaillé beaucoup, mais j'avais l'argent en banque et j'étais prêt pour l'année scolaire.
 
Prière en présence du Saint Sacrement
 
Vers février 1985, je suis allé à la chapelle des sœurs franciscaines pour prier devant le Saint Sacrement. Lorsque je me trouvais seul à la chapelle, je priais debout, tout près de l'ostensoir. Ce jour-là, je racontais au Bon Dieu que je ressentais de la lassitude dans ma vie de foi. Je ne ressentais pas toujours cette joie, cet enthousiasme qui avaient caractérisé les premiers 18 mois de mon cheminement vers le sacerdoce. J'étais sensibilisé à quelques réalités qui avaient pour effet de ralentir mon ardeur. L'alcoolisme de ma mère n'y était pas étranger, entre autres causes. Aussi, je faisais le constat que les seules personnes qui étaient affectées positivement par mon orientation vers le sacerdoce étaient des gens qui de toute façon vivaient de bonnes vies, et qui cherchaient à faire le bien dans leur vie de tous les jours, et qui aimaient Dieu en aimant leur prochain. Les autres, les gens pour qui j'étais prêt à sacrifier le reste de mes jours pour qu'ils découvrent Dieu, ceux-là étaient indifférents à ce que je faisais. Cela produisait un effet de découragement, mais encore là, je savais que j'étais loin d'être le seul à vivre cette déception. Au fait, je me demande s'il n'y a pas un chrétien engagé qui ne vit pas ce revirement. Toujours est-il que les déceptions minaient mon enthousiasme. Je racontais cela à Dieu, en lui demandant ce qui n'allait pas dans ce que je faisais.
 
En ce temps-là, je priais beaucoup, j'assistais à la messe très souvent, pratiquement à tous les jours. Mais je sentais quelquefois des moments de lassitude, de l’aridité.
 
Avec cette série de pensées qui me trottaient dans l’esprit, une pensée s'est posée d'elle-même dans le fil de ma pensée, en arrêtant les autres réflexions. Une voix intérieure a dit :
 
Qu'est-ce que la foi sans les actes?’.
 
Cette phrase est venue d'elle-même, en s'interjetant dans le fil de ma pensée. Je me trouvais à environ deux ou trois pieds devant le Saint-Sacrement, qui était situé un peu plus haut que la hauteur de mes yeux. Cela s'était dit dans le calme, la tranquillité. J'ai continué à prier, en racontant ce que je vivais. Avant de partir, peut-être quinze minutes plus tard, j'ai dit au Bon Dieu:
 
           J'ai besoin de quelque chose qui vient de toi. Je vais ouvrir la Bible qui est sur le lutrin. Je te demande de me donner quelque chose pour me guider. Souviens-toi que c'est pour mieux te servir que je te demande cela. Je ne le fais pas pour moi-même.
 
Ensuite, je crois que j'ai terminé ma prière par un Notre Père. Je me suis ensuite approché de la Bible sur le lutrin, et je l'ai ouverte. Je suis arrivé sur ceci :
 
(Jacques 2,14-17)
 
           ‘A quoi cela sert-il, mes frères, que quelqu'un dise : ‘J'ai la foi’, s'il n'a pas les œuvres? La foi peut-elle le sauver? Si un frère ou une sœur sont nus, s'ils manquent de nourriture quotidienne, et que l'un d'entre vous leur dise : ‘Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous’, sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il? Ainsi en est-il de la foi: si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte.
 
J'ai compris alors que ce qui faisait que je sentais moins de joie, moins d'enthousiasme pour le don gratuit de la foi, c'est que je ne la faisais pas toujours aboutir dans les actes, c'est-à-dire que je me contentais de prier, d'assister à la messe, de lire, mais je restais consommateur de la foi, sans retransmettre, sans donner. Je me gardais de faire le mal, mais est-ce que je m'efforçais de faire le bien?
 
L'amour des autres se traduit par les actes, et l'amour de son prochain, c'est aussi l'amour de Dieu. J'ai ce défaut d'être un consommateur du don de Dieu. J'ai gardé le souvenir de cette soirée.
 
Avec la rose, les épines : l'aridité fait son apparition
 
Un élément majeur qui me portait à m'interroger fut le comportement de ma mère et de plusieurs de ses frères et sœurs. C'était une épreuve de foi : je me posais des questions sur le bien-fondé de la foi de ma grand-mère en relation, ou plutôt, en contraste avec le comportement de ses enfants, comportement entaché de toxicomanie, d'irresponsabilité et de manque de sagesse. Par contre, j'avais lu quelque part dans la Bible que la responsabilité des parents se limite à l'éducation qu'ils donnent à leurs enfants pendant l'enfance et l'adolescence. Ce qui se produit plus tard, les choix que font les enfants lorsqu'ils sont en âge de décider pour eux-mêmes, relève uniquement de la responsabilité des enfants eux-mêmes. Je savais que ma grand-mère avait fait son possible pour bien élever ses enfants. Mais il y avait un fort contraste entre la manière d'être, la profondeur des valeurs qu'avait vécues ma grand-mère, et la superficialité et l'hédonisme (pour ne pas dire immoralité) dans lesquels plusieurs de ses enfants pataugeaient. Autant ma grand-mère était exemplaire, autant ses enfants m'étaient quelquefois tout simplement insupportables par leurs railleries et leurs provocations.
 
Aujourd'hui, au moment d'écrire le paragraphe qui précède, je ne ressens pas la même chose que lorsque je le vivais, en 1985 (il faut avouer que quarante ans se sont écoulés depuis ce temps). Je n'en ressens pas d'amertume aujourd'hui, même si j'en garde le souvenir. J'ai donné un aperçu très superficiel uniquement pour illustrer un élément qui figurait dans le contexte dans lequel se faisait mon cheminement vers le sacerdoce. Je n'ai certainement pas de pierre à lancer à qui que ce soit, car je me souviens que moi-même dans le passé je n'agissais pas toujours de façon exemplaire, que je n'avais pas toujours à cœur les enseignements de Jésus, même si j'avais tout de même une connaissance de Dieu. Mais il reste que je ressentais comme un effet de broyage pour ce qui est de mon enthousiasme, et je ne percevais pas de mon entourage de vrai encouragement à devenir prêtre, sauf de mon père et de mes sœurs, et la seule vraie motivation me venait lorsque je priais, seul dans ma chambre.
 
Tout ceci peut se résumer à dire que, malgré les signes et les encouragements que je recevais, il demeure que toute l'expérience était presque entièrement à contre-courant.
 
L'expérience chrétienne était authentique, et j'y percevais des reflets de l'expérience des premiers chrétiens : un contexte social qui, de prime abord, n'accueillait pas favorablement l'option proposée par Jésus, de servir l'amour plutôt que de servir son égocentrisme; par contre, pour moi personnellement, l'option de chercher Dieu était encouragée et soutenue par l'action de l'Esprit Saint, dans un accompagnement spirituel véritable, tangible.
 
Le Congrès Charismatique à Ottawa en 1985
 
Au début d'août 1985 avait eu lieu un Congrès Charismatique à Ottawa. J'aurais aimé y assister, mais le samedi de cette fin de semaine particulière était une journée de travail pour moi, du surtemps. J'aurais eu une occasion de m'y rendre avec un de mes amis, avec son véhicule, mais mon horaire de travail m'en empêchait, et je devais donc sacrifier cela à cause de mon travail, bien que je peux dire qu'il n'y a pas un endroit que je préfère à un congrès dans le cadre du Renouveau.
 
A la fin de ma journée de travail, juste avant la fin de semaine du congrès, je méditais intérieurement ce désir d'y assister. N'ayant pas cette possibilité, j'ai donc offert intérieurement mes prières au Bon Dieu pour le succès du congrès, et j'ai demandé, entre autres, des grâces spéciales pour les gens qui y assisteraient. Je me souviens d'avoir aussi demandé à l'Esprit d'accompagner un de mes amis, un prêtre, dans ses prédications, car il était du nombre des conférenciers invités.
 
Dans les instants qui ont suivi cette prière, j'ai senti un ravissement (état de l'esprit transporté de joie, d'admiration) que je peux difficilement décrire avec des mots. Je me trouvais à mon endroit de travail, seul sur le chantier de la mine à ciel ouvert, vers cinq ou six heures de l'après-midi d'une belle journée ensoleillée, dans le silence. J'ai ressenti une joie très grande et très profonde, un enthousiasme sans la moindre ombre d'inquiétude, et je sentais que Dieu était très présent là où j'étais, dans le silence, et qu'il entendait ma prière, et qu'il voulait que je sache qu'il se trouvait près de moi. J'ai senti aussi que mon ami prêtre serait accompagné d'une façon très spéciale au cours de ce congrès. Cet état, que je qualifie d’extase contemplative, un sentiment très vivant, très intense avait duré peut-être une minute, tout au plus. La seule autre fois que j'avais senti quelque chose de semblable, du moins, aussi intensément, c'était en présence du Saint Sacrement lors d’une soirée de prière quelque 18 mois plus tôt.
 
Je fais un saut dans le temps pour raconter que, deux ou trois mois plus tard, je regardais à la télévision d'Ottawa des extraits de ce Congrès Charismatique d'août 1985. Le prêtre, un de mes amis, animait alors la prière pour les malades. Lors de cette session de prière, il a communiqué cette Parole de connaissance :
 
Il y a une personne ici que le Seigneur guérit présentement de paralysie. J'invite cette personne à se lever. Cette personne ne croit pas que le Seigneur s'occuperait d'elle, mais je l'invite à se lever.
 
Après quelques instants d'attente, une dame s'est levée de son fauteuil roulant, et a marché, les mains dans les airs dans une position de louange qui semblait très naturelle dans les circonstances, avec d’abondantes larmes qui lui coulaient sur les joues. La scène était émouvante, pour dire le moins. En voyant cela, je me souvenais de cette prière que j'avais offerte pour ce congrès, le vendredi après-midi du début de cette fin de semaine particulière. J'avais eu alors l'impression aussi que ce prêtre serait accompagné de cette façon.
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